Cyber Humanum Est 2026 : une aventure humaine !
/Pour sa 6ème édition, Cyber Humanum Est (CHE) s’est imposé comme l’événement universitaire de référence en matière de cyberguerre et de gestion de crise cyber en France.
Organisé à Nancy début février 2026, sous l’égide du Commandement de la Cyberdéfense (COMCYBER), du ministère des Armées et de l’Université de Lorraine - avec le soutien de la Base de Défense de Nancy, de Lorraine INP et de la Métropole du Grand Nancy - l’exercice s’est déroulé sur le site de TELECOM Nancy.
CHE 2026 a franchi cette année un nouveau cap en plaçant les facteurs humains au centre d’un scénario de crise cyber d’une ampleur inédite et s’est internationalisé avec la présence du Canada comme pays invité. Plus de 250 participants - étudiants, enseignants, chercheurs, militaires, réservistes et partenaires publics et privés – ont participé à cette édition.
Au croisement de la Cybersécurité, de la Formation et de la Défense
Cyber Humanum Est (CHE) est un « serious game » grandeur nature, conçu comme un exercice de cyberguerre et de gestion de crise cyber à grande échelle.
Pendant 3 jours, 125 étudiants issus de 7 composantes de l’Université de Lorraine (Faculté des Sciences et Technologies – Master SIRAV, IUT Nancy-Brabois, Mines Nancy*, Polytech Nancy**, Telecom Nancy***, UFR Sciences Humaines et Sociales – Master VSOC, UFR MIM – Master SIS) ont été plongés dans un scénario immersif et réaliste mêlant attaques cyber, déstabilisation d’infrastructures critiques et prises de décision sous forte pression. Un véritable laboratoire pédagogique où se sont croisées Armées, Université et Industrie, au service de la montée en compétences des futurs professionnels de la cybersécurité.
L’originalité du CHE réside dans son approche résolument globale
L’exercice mobilisait différentes équipes - Blue Team et Red Team bien, sûr mais aussi des cellules dédiées à la gestion de crise et à la lutte informationnelle - plus l’intégration de la dimension juridique à l’exercice. Cette configuration a favorisé des interactions permanentes entre acteurs techniques, stratégiques et décisionnels, plaçant les participants au cœur de situation complexe où la coordination, l’anticipation et la prise de décision collective étaient essentielles.
Les facteurs humains étaient au cœur de la crise
le robot pam
Pour l’édition 2026 du CHE la performance technique ne suffisait plus, l’exercice s’attachant aux facteurs humains qui peuvent faire la différence lorsque la crise survient. Les étudiants étaient placés dans des situations où la prise de décision sous stress, la gestion de la charge émotionnelle, l’exercice du leadership et la capacité à coordonner des expertises multiples devenaient déterminants.
À cela s’ajoutait un autre élément clé : la circulation, l’analyse et l’interprétation de l’information, souvent fragmentée et imparfaite dans un environnement sous tension.
Un scénario 2026 complexe et étendu
11 mois de préparation ont été nécessaires pour le scénario 2026, imaginé par les réservistes opérationnels de cyberdéfense du COMCYBER et des enseignants-chercheurs de l’Université de Lorraine, lequel intégrait de l’intelligence artificielle et plongeait les participants au cœur d’attaques visant des infrastructures critiques et sensibles : une infrastructure ferroviaire, une infrastructure portuaire et des systèmes urbains - un hôpital, une centrale nucléaire, des zones résidentielles et commerciales, des secteurs tertiaires et industriels - le tout en mode dégradé.
Des industriels en soutien de l’exercice : SIEMENS, PAM et GEOIDE
L’équipe de soutien détachée par l’usine sidérurgique de Pont-à-Mousson (PAM, groupe Saint-Gobain) proposait la maquette exacte reproduisant le processus de chargement avec un automate du Haut Fourneau, le seul restant aujourd’hui dans l'Est de la France.
Le but du jeu pour les jeunes était d'essayer d’entrer dans l'automate et d’essayer de changer des paramètres pour modifier le programme de fonte du haut fourneau.
« Bien sûr l’usine réelle est protégée et tout est verrouillé, mais nous avons laissé volontairement des failles dans cette maquette pour permettre aux étudiants d’y entrer et de changer la recette de fabrication de la fonte », nous ont expliqué Olivier et Nicolas de PAM. « Le but est de les amener à entrer furtivement et à essayer de comprendre comment fonctionne un automate, car ils ne sont pas habitués à l’univers de l’automatisme qui est très différent de celui des PC et des serveurs, surtout si l’automate n’est pas sur le réseau internet mais uniquement sur le réseau industriel de l’usine... »
Pour découvrir GEOIDE: https://www.sdbrnews.com/sdbr-news-blog-fr/geoide-une-pme-souveraine
L’enseignement du CHE 2026
C’était une somme de cas concrets permettant aux participants de visualiser la convergence entre le monde physique et le monde numérique, dans un formidable exercice de gestion de crise.
C’était aussi un exercice permettant de faire travailler ensemble des personnes qui n'ont ni la même formation ni le même profil et de faire collaborer des spécialistes avec des ingénieurs plus généralistes.
CHE 2026 s’inscrivait dans la stratégie nationale de Cybersécurité qui a pour but de favoriser l’émergence de talents dans un secteur censé en manquer, même si on entend parfois que les jeunes diplômés ont du mal à trouver un stage…
Rappelons que la Loi de Programmation Militaire LPM) prévoir de recruter 1000 talents cyber sur la période 2024-2030.
En tous cas nous avons assisté à un exercice hors-norme au service des étudiants du Grand Est et il faut le saluer.
*https://mines-nancy.univ-lorraine.fr