IA et sécurité physique : la France reste le marché européen le moins avancé en matière d’adoption

State of Cloud Physical Security 2026 by Verkada

Verkada, spécialiste de la sécurité physique et des opérations assistées par l’IA, a dévoilé son rapport 2026 State of Cloud Physical Security. L’étude révèle que les entreprises françaises expérimentent largement l’IA, mais restent à la traine par rapport à leurs homologues européennes concernant la généralisation de son adoption et la mesure de ses résultats.

Avec seulement 30% d’organisations utilisant activement des fonctionnalités d’IA dans leurs dispositifs de sécurité physique, la France affiche le niveau le plus faible des marchés européens étudiés, derrière l’Allemagne (40%), les Pays-Bas (41%) et le Royaume-Uni (49%). Mais certains signes laissent entrevoir une progression en France : de plus en plus d’entreprises françaises (42%) testent actuellement des outils d’IA ou mènent des projets pilotes dans ce domaine.

Une lacune importante

Il est aujourd’hui crucial que les organisations comblent une lacune importante concernant les dispositifs nécessaires pour encadrer les usages et démontrer leur valeur: seules 34% des organisations françaises disposent d’une politique complète de gouvernance de l’IA incluant la sécurité physique. Concernant le calcul du retour sur investissement, elles ne sont qu’un quart (26%) à avoir mis en place des indicateurs formels et chiffrés, tandis que 55% suivent certains indicateurs de manière informelle. 15% n’ont encore mis en place aucune mesure pour évaluer le ROI.

De l’expérimentation aux premiers usages concrets

Parmi les organisations françaises qui expérimentent avec l’IA, les usages les plus répandus sont la génération automatisée de rapports et des résumés d’incidents (59%), la vérification intelligente des alertes pour réduire le nombre de faux positifs (54%) et les alertes en temps réel de mouvement, de stationnement prolongé ou de franchissement de ligne (38%).

Les attentes sont élevées : la grande majorité (88%) des répondants français estiment que, dans les trois prochaines années, l’IA fera évoluer la sécurité physique d’un modèle réactif vers une approche plus proactive.

Les principaux bénéfices perçus sont l’accélération des enquêtes sur les incidents (53%) et l’amélioration de la détection des menaces en temps réel (50%). Ils sont également plus d’un tiers à citer la réduction des fausses alertes (34%) et la baisse des coûts opérationnels de sécurité (34%).

Transparence et conformité au cœur des décisions d’achat

Pour 82% des organisations françaises, les réglementations relatives à l’IA exercent une influence significative sur les décisions d’achat en matière de sécurité physique. Ces considérations conduisent déjà les entreprises à limiter certaines fonctionnalités : 42% d’entre elles ont restreint ou refusé la prise de décision automatisée sans contrôle humain pour des raisons réglementaires. Cette proportion atteint 34% pour les fonctionnalités d’identification biométrique en temps réel et de reconnaissance faciale.

Pour les fournisseurs, cela implique que la transparence devient un critère important pour les achats. En France, pas moins de 93% des répondants jugent très important de comprendre le fonctionnement des modèles d’IA proposés par leurs fournisseurs. C’est même une exigence pour 43% d’entre eux.

Le respect des réglementations et normes internationales, telles que l’AI Act européen ou le RGPD, est également jugé comme capital par 89% des répondants. Pour 42% d’entre eux, cette conformité constitue une exigence absolue dans le choix d’un fournisseur.

Le Cloud au cœur de la transformation de la sécurité physique

En France, les infrastructures hybrides restent largement majoritaires: 76% des organisations combinent des systèmes cloud et sur site, tandis que 12% disposent d’une infrastructure de sécurité physique entièrement gérée dans le Cloud. 11% des organisations restent entièrement sur site. La transition est néanmoins bien engagée : parmi les organisations qui ne sont pas encore passées au tout-cloud, 88% prévoient, ou ont commencé à entreprendre, une migration au moins partielle vers une solution cloud.

Cette évolution reflète une conviction largement partagée quant au rôle du cloud dans la transformation de la sécurité physique. Plus des trois quarts des répondants français (78%) estiment que l’avenir du secteur repose sur celui-ci, et 88% considèrent qu’il facilite la gestion des systèmes de sécurité multi-sites.

Les intentions d’investissement confirment cette dynamique : 76% des organisations anticipent une hausse de leur budget consacré à la sécurité physique au cours des douze prochains mois..

En matière d’investissement, la priorité française se distingue de celle observée dans les autres marchés : la convergence entre sécurité physique et cybersécurité arrive en tête (28%), devant la cybersécurité (26%). Le Cloud et les infrastructures, ainsi que l’analyse par l’IA et l’intelligence vidéo, recueillent chacun 20% des réponses.

Le paradoxe français

Ces résultats font apparaître un paradoxe français: si les organisations sont nombreuses à expérimenter l’IA, son intégration aux opérations quotidiennes reste limitée. Son déploiement à plus grande échelle dépendra désormais autant des capacités technologiques que de la gouvernance, de la transparence et de la mesure des retours sur investissement.

Le rapport complet 2026 State of Cloud Physical Security est disponible ici.